Obsolescence programmée des références architecturales

Il est tendance de lutter contre l’obsolescence programmée même si le résultat n’est pas toujours probant !

Mais que penser, chers confrères, de l’exigence de références architecturales de moins de 5 années, systématiquement demandée dans le règlement de consultation des concours d’architecture ? Sans parler de l’impossibilité de proposer des références d’une opération en cours de chantier ou de concours non gagnés. Lorsqu’on connait le temps moyen d’une opération, il y a de quoi s’interroger !

A-t-on mesuré les conséquences de cette pratique qui s’est progressivement imposée ?

La concentration, la taille, le chiffre d’affaire, la quantité contre la qualité … A n’en pas douter, seules de très grandes agences, (au-dessus de 50 salaries) pourront présenter des références diversifiées de moins 5 années, correspondant au programme du concours. A défaut, cette exigence favorisera l’hyperspécialisation des professionnels, une forme de rationalisation industrielle ou commerciale !

Nous, architectes, avons tous été formés pour nous adapter à tout type de commande. Nous sommes tous en capacité de répondre à un programme, un budget et des délais. C’est l’essence même de nos compétences, de notre métier.

Cela touche toutes les générations d’architectes : les jeunes architectes qui n’ont pas encore accédé à la commande publique, les « vétérans » qui en font moins. Ces difficultés sont encore plus importantes dans les « petits » départements où les appels d’offres publics se font rares, comparativement aux grandes métropoles.

Cette réflexion va au-delà d’une simple date de « péremption ». Notre société semble nous amener à la fabrication d’une architecture de mode, d’image, de consommation. Or, le meilleur projet n’est-t-il pas celui qui s’affranchit des traces du temps, celui conçu avec justesse pour son utilisation ?

Demander aux maîtres d’ouvrage de lutter contre l’obsolescence programmée et exiger que toutes nos références architecturales soit acceptées, grâce à des actions ordinales est indispensable. Les principales qualités d’une œuvre architecturale ne sont-elles pas la pérennité et l’intemporalité ?

Alors pourquoi limiter nos références à cinq petites années !

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