Billet d’humeur

Qu’est qu’un architecte ?

Certains de nos clients (et je ne parle ici que des clients du résidentiel privé) complaisants ou reconnaissants peuvent nous laisser penser, à la réception de leur maison, que nous sommes des artistes. Ils vont même jusqu’à nous appeler « Maître » et cela nous surprend. Ils parlent de nous comme de « leur » architecte, voire même « leur archi », lorsqu’ils adoptent un langage plus branché. Mais ça, c’est la partie émergée de l’iceberg : certains de nos clients vont jusqu’à devenir des amis et vont nous faire confiance une autre fois, s’ils sont amenés à construire à nouveau.

Mais une fissure apparait ou une entreprise vient à manquer, et voilà que nous devenons ingénieur, juriste spécialisé, géomètre, géologue, acousticien, entrepreneur négligent et en retard et, en fait, apprenti sorcier incapable de connaitre son métier.

Au fond, sait-on ce que nous sommes et nous, savons-nous faire connaitre notre profession ?

La représentation de notre métier – mis à part les institutionnels et les Maîtres d’Ouvrage professionnels – est pour le moins floue aux yeux de beaucoup de commanditaires. Pour certains, nous pouvons – ou devons – servir à apposer un tampon sur un permis de construire déjà bouclé et ils prennent comme une insulte un refus de notre part. D’autres ont compris soudainement que nous coûtions cher ; oui car nous demandons un diagnostic amiante, un relevé topographique, une étude de sol, une étude pour la filière d’assainissement individuel, un huissier pour constater l’affichage du permis, un huissier pour constater l’état des avoisinants ; toutes choses qui, par ailleurs, ne sont indispensables que s’ils veulent éviter de fréquenter la salle des pas perdus des tribunaux. En plus nous demandons … des honoraires. Et je ne peux que passer sous silence le rôle conseiller conjugal lorsqu’il s’agit de départager Monsieur et Madame sur la justesse de leurs choix.

Bref, c’est un métier passionnant, on n’arrête pas de nous le dire et en plus nous aimons ce que nous faisons. Alors, ne nous plaignons pas…

Mais continuons d’expliquer ce que nous sommes et faisons…avec passion !

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